(6) Des mires plus bleues que bleues

Catégorie : Chercheur.e.s, En coulisse
Chapeau : La couleur du pelage des ours en peluche est un critère qui sera analysé lors de la Grande Expérience Participative (GEP). L’article précédent (5) montre l’efficacité du protocole mis au point pour quantifier ces couleurs avec précision. Reste à trouver un moyen d’imprimer des mires de bonne qualité qui soient les plus similaires possibles entre elles, afin de les envoyer dans les 12 villes participant à la GEP…
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Billet : Dans l’article précédent (5), nous avions observé que l’algorithme de correction des couleurs utilisé pour modifier les couleurs en fonction de la luminosité ambiante faisait bien son travail. Nous avons aussi pu observer que le type d’appareil qui prenait la photo, ainsi que la définition de la photo, ne jouait pas sur le résultat final. Cependant, les mires imprimées par une imprimante de bureau restent de mauvaise qualité. L’objectif de l’équipe est aujourd’hui de trouver un moyen de réaliser des mires de bonne qualité et les plus identiques possibles pour réduire la marge d’erreur au maximum. Anne-Sophie Tribot, biologiste et membre de l’équipe de la Grande Expérience Participative, s’est donc rendue le 22 mai dernier à un studio de photographie en centre-ville de Montpellier pour imprimer des mires avec une imprimante professionnelle. En analysant les mires avec un spectrophotomètre, il s’est avéré contre toutes attentes que les teintes claires et blanches renvoyaient une lumière… bleue. Étrange n’est-ce pas ?

En faisant quelques recherches, Anne-Sophie a trouvé la cause de ce phénomène. Les fabricants ajoutent au papier de haute qualité un agent fluorescent qui rend le blanc plus « éclatant ». Cet « agent azurant » capte les ultraviolets pour réémettre par fluorescence une lumière bleue. Cette technique est aussi utilisée dans l’industrie du textile et même dans les dentifrices ! C’est notamment ce procédé qui rend les dents et les habits fluorescents sous les lampes U.V.

Cette fluorescence biaise fortement les valeurs des couleurs, qui ne sont pas du tout les mêmes que celle d’une mire standard. Fort heureusement, Anne-Sophie a récemment trouvé un papier non-traité. Ce papier ôte non seulement la prédominance de bleu pour les teintes claires, mais il permet également d’obtenir des mires de bien meilleure qualité. Il ne reste plus qu’à imprimer ces mires et nous pourrons enfin connaitre la véritable couleur des ours en peluche !
A suivre.

Photo : À gauche, plusieurs échantillons de papiers haut de gamme sous lumière naturelle. À droite, les mêmes échantillons sous lumière U.V. Photos d’Anne-Sophie Tribot.

Christopher Sevin, Université de Montpellier