L'aventure continue !

Catégorie : Chercheur.e.s, En coulisse, Expérience
Villes : Angers, Besançon, Bordeaux, Brest, Dijon, Le Mans, Limoges, Marseille, Paris, Saint Denis - La réunion, Saint Étienne, Toulouse
Chapeau : Suite à la grande et incroyable collecte de données morpho-affectives réalisée lors de la « Grande Expérience Participative » en septembre 2019, nous avons désormais environ 700 fiches complétées avec soin. Il faut y rajouter environ 300 fiches complétées à la main sur papier. Si l’on compte à minima qu’une description complète de nounours prend 15 minutes, cela représente 250 heures de travail cumulé ! Bravo à toutes et tous !
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Billet : Le protocole élaboré pour la Grande Expérience a également été déployé lors du « Turfu festival » au Dôme de Caen les 19 et 20 octobre ce qui a permis d'inventorier 45 nounours supplémentaires.
Les chercheur·e·s en charge du projet se sont réunis pour la préparation de la phase d’analyse : il y avait Nicolas Mouquet (Directeur scientifique du Centre de synthèse et d’analyse sur la biodiversité à Montpellier (CESAB), CNRS/Université de Montpellier), Nathalie Blanc (Directrice adjointe du laboratoire de psychologie cognitive EPSYLON, Université de Montpellier), Anne-Sophie Tribot (Docteure en écologie et biologie) et Thierry Brassac (Directeur du Service Culture Scientifique de l’Université de Montpellier).

Voici le détail du plan d’action qu’ils·elles ont mené :

- Tout d’abord, ils ont examiné une par une les fiches remplies par le public durant la Grande Expérience pour déterminer si la qualité de la photo permettait le travail de recherche : la mire devait être entière et nette, le nounours bien cadré, sans ombres et net ; la luminosité devait être idéalement homogène. L’expression de l’ours en peluche doit idéalement être visible. Les experts ont dû trancher pour écarter les spécimens qui n’étaient pas des ours en peluche. Ceux inventoriés plusieurs fois ont également dû être retirés.
- L’équipe a ensuite vérifié les noms de nounours et renommé les fichiers photo pour y associer le nom du nounours, la ville (par exemple : Nunursus_calinus_numero inventaire_ville) pour pouvoir classer et s’y retrouver. Ensuite, la base de données de photos a été exportée, un script écrit par Nicolas Mouquet et Nicolas Casajus (éco-informaticien au CESAB) a permis de normaliser les couleurs de toutes les photos, grâce à l’utilisation de la mire-couleurs : le même nounours blanc à Marseille et à Saint Denis (La Réunion) produira les mêmes pixels après traitement ! Puis, une phase de détourage a permis de définir les contours des nounours (qui ne sont pas les objets les plus faciles à détourer !!!). Après toutes ces étapes, l’équipe a obtenu, après passage sous un logiciel d’édition, une image en résolution maximale et une image de taille réduite pour chaque nounours : droit, centré, de même taille et net. Ils peuvent désormais passer à l’étude des autres caractères.
- Les chercheur·e·s vont regrouper les données collectées dans un GRAND tableau et l’ouvrir dans un logiciel qui permet de programmer des analyses statistiques. C’est ce logiciel qui permet de comparer les nounours et de réaliser des arbres de classification en fonction des différents critères ; par exemple, il permet de classer les nounours selon la taille, la couleur, la présence de sourire et de montrer quels ours se ressemblent le plus (ou le moins).
François Guilhaumon (chargé de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement) analysera les liens entre caractères morphologiques et caractères affectifs pour déterminer les critères de la réconfortabilité. Nathalie Blanc va étudier la réaction d’enfants et d’adultes vis-à-vis du lot de 8 peluches standards pour tenter d’analyser les pouvoirs réconfortants de chacun d’entre eux.
… Et voilà ! Lorsque les analyses seront effectuées (ce qui prend beaucoup moins de temps en définitive que de « nettoyer » et préparer les données), il leur faudra trouver le meilleur moyen de montrer ces résultats au public : comment montrer la diversité de 600 ours en peluche sur une seule figure ? Comment expliquer la relation entre morphologie et réconfort de manière graphique ? Comment comparer son ours préféré avec 600 autres ? Voici les défis de vulgarisation et de partage qui attendent l’équipe en charge du projet et qui nécessiteront probablement un travail de data visualisation.

Revenez nous voir : un nouvel article sur la suite du projet arrive très bientôt !