(1) 8 avril 2019 - La réunion inaugurale du projet

Catégorie : Chercheur.e.s, En coulisse
Chapeau : Que l’on soit un petit ou grand enfant, on a probablement tous une histoire en commun avec un ours en peluche. Tout neuf ou complètement usé, blanc ou marron, mignon ou… un peu moins mignon, votre nounours a sans doute été votre fidèle compagnon pendant des années. Pour vous consoler, jouer avec vous ou tout simplement pour ne pas se sentir seul, l’ours en peluche est là. Serait-il finalement le meilleur ami de l’Homme ?
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Billet : L’ours en peluche possède une diversité de formes et de fonctions depuis sa création en Allemagne en 1902. Pour remplir sa mission de toujours plus nous cajoler et nous réconforter, nous avons au fil du temps équipé le nounours de divers apparats : couleurs vives, paillettes par milliers, habits insolites et même mécanismes sonores. Parmi cet éventail d’ours en peluche à travers le monde, quel nounours remplit au mieux sa mission et mérite le titre d’ours le plus réconfortant ?

Un groupe de scientifiques s’est réuni le 8 avril 2019 pour se pencher sur la question. L'équipe de la Grande Expérience Participative (GEP) 2019 est constituée de quatre biologistes (Nicolas Mouquet, Michel Raymond, François Guilhaumon et Anne-Sophie Tribot), une psychologue de l’enfance (Nathalie Blanc), un doctorant en informatique (Moad Essabbar) et deux médiateurs scientifiques (Thierry Brassac et Christopher Sevin). Le principal défi de cette entreprise est de réaliser un protocole simple et applicable à des ours en peluche. Pour cette aventure, Nicolas, François et Moad est en charge de la programmation informatique du site internet et du traitement des données. Anne-Sophie, qui chaperonne le développement du protocole, est aussi chargée d’aller sur le terrain pour observer les différents critères morphologiques des nounours. Nathalie quant à elle analyse la réconfortabilité du point de vue de la psychologie infantile. L’équipe est aidée et coordonnée par les deux médiateurs scientifiques Thierry Brassac et Christopher Sevin.
Toute étude commence par des observations. Dans le cas des ours en peluche, le jeu de données utilisé sera constitué d’observations faites sur, nous l’espérons, les centaines de nounours que vous apporterez durant la Nuit Européenne des Chercheur·e·s !

Dans un premier temps, la morphologie de l’ours en peluche sera quantifiée en une série de caractères « anatomiques » relativement simples. De tous ceux proposés, certains ont fait unanimité au sein de l’équipe de recherche : la taille du corps par exemple, mais aussi la couleur du pelage, la présence d’habits, la douceur et la « moelleusité ». De prochaines expéditions dans les magasins de jouets permettront d’agrandir cette liste de critères observables.
Si certains critères morphologiques semblent simples à mesurer comme la longueur des membres avec un simple pied à coulisse, d’autres critères comme la « moelleusité » seront plus difficilement mesurables. Des pistes pour mesurer la "moelleusité" ont été évoquées, comme l’utilisation d’un dynamomètre pour mesurer la pression exercée sur le corps du nounours. Cependant, une phase de tests est nécessaire pour voir si cette manipulation est pertinente.

L’aspect affectif de l’ours en peluche sera également abordé. Les participant·e·s compareront la réconfortabilité de leur ours à d’autres ours en peluche grâce à un lot témoin. Le même lot de peluches sera envoyé dans les 12 villes de France qui participent à la GEP pour permettre aux chercheur·e·s de l’équipe de réaliser un jeu de données à l’échelle nationale, basé sur les mêmes nounours de références.
En ce mois d'avril 2019, le protocole est en cours d’élaboration, mais l’équipe du projet a déjà réussi son premier pari : poser les fondations du protocole expérimental. À suivre : les réflexions et l'élaboration du protocole continuent…

Photo : L'équipe de la GEP en pleine réflexion durant la réunion inaugurale du projet. De gauche à droite : Agnes Pesenti, Thierry Brassac, Nathalie Blanc, François Guilhaumon, Nicolas Mouquet, Moad Essabar et Anne-Sophie Tribot.

Christopher Sevin, Université de Montpellier