Le Blog de la Grande Expérience Participative

Suivez la préparation et l'organisation de cette expérience de grande envergure sur le territoire français

Qu'est ce que la Grande Expérience Participative ?
Tous les deux ans en France, une Grande Expérience Participative est organisée au sein de la Nuit Européenne des Chercheur·e·s, en simultané dans 12 villes, permettant à une équipe de chercheur·e·s de faire participer près de 15 000 personnes du public à une expérience scientifique s’inscrivant dans le cadre de leurs travaux de recherche.
Cette année,
le jury de la Grande Expérience Participative (constitué de chercheurs et de professionnels de la culture scientifique) a sélectionné parmi plusieurs candidatures l’expérience proposée par une équipe de chercheur·e·s et de médiateurs scientifiques de Montpellier. À travers l’étude des caractéristiques morphologiques des ours en peluches préférés du public de la Nuit des Chercheur·e·s, cette équipe veut dresser le portrait-robot de la peluche la plus réconfortante, utilisant ainsi un objet ludique et symbolique pour réaliser une expérience à la croisée des sciences cognitives et des sciences naturalistes.

Rendez-vous le vendredi 27 septembre 2019 dans l'une des 12 villes participantes, munis de votre ours en peluche !


Il y a 8 fiche(s) correspondant à vos filtres .

(6) Des mires plus bleues que bleues

La couleur du pelage des ours en peluche est un critère qui sera analysé lors de la Grande Expérience Participative (GEP). L’article précédent (5) montre l’efficacité du protocole mis au point pour quantifier ces couleurs avec précision. Reste à trouver un moyen d’imprimer des mires de bonne qualité qui soient les plus similaires possibles entre elles, afin de les envoyer dans les 12 villes participant à la GEP…
image Dans l’article précédent (5), nous avions observé que l’algorithme de correction des couleurs utilisé pour modifier les couleurs en fonction de la luminosité ambiante faisait bien son travail. Nous avons aussi pu observer que le type d’appareil qui prenait la photo, ainsi que la définition de la photo, ne jouait pas sur le résultat final. Cependant, les mires imprimées par une imprimante de bureau restent de mauvaise qualité. L’objectif de l’équipe est aujourd’hui de trouver un moyen de réaliser des mires de bonne qualité et les plus identiques possibles pour réduire la marge d’erreur au maximum. Anne-Sophie Tribot, biologiste et membre de l’équipe de la Grande Expérience Participative, s’est donc rendue le 22 mai dernier à un studio de photographie en centre-ville de Montpellier pour imprimer des mires avec une imprimante professionnelle. En analysant les mires avec un spectrophotomètre, il s’est avéré contre toutes attentes que les teintes claires et blanches renvoyaient une lumière… bleue. Étrange n’est-ce pas ?

En faisant quelques recherches, Anne-Sophie a trouvé la cause de ce phénomène. Les fabricants ajoutent au papier de haute qualité un agent fluorescent qui rend le blanc plus « éclatant ». Cet « agent azurant » capte les ultraviolets pour réémettre par fluorescence une lumière bleue. Cette technique est aussi utilisée dans l’industrie du textile et même dans les dentifrices ! C’est notamment ce procédé qui rend les dents et les habits fluorescents sous les lampes U.V.

Cette fluorescence biaise fortement les valeurs des couleurs, qui ne sont pas du tout les mêmes que celle d’une mire standard. Fort heureusement, Anne-Sophie a récemment trouvé un papier non-traité. Ce papier ôte non seulement la prédominance de bleu pour les teintes claires, mais il permet également d’obtenir des mires de bien meilleure qualité. Il ne reste plus qu’à imprimer ces mires et nous pourrons enfin connaitre la véritable couleur des ours en peluche !
A suivre.

Photo : À gauche, plusieurs échantillons de papiers haut de gamme sous lumière naturelle. À droite, les mêmes échantillons sous lumière U.V. Photos d’Anne-Sophie Tribot.

Christopher Sevin, Université de Montpellier

(5) Les nounours sous le feu des projecteurs

La couleur du pelage est un des critères qui sera observé sur les nounours de la Grande Expérience Participative. Afin de réaliser un protocole permettant de quantifier avec précision la couleur, la biologiste Anne-Sophie Tribot s’est rendue le 15 mai dernier au studio photo de Ciné Comédie, en plein centre-ville de Montpellier...
image Grâce à leur matériel professionnel, Anne-Sophie a pu tester le protocole de prise de photo prévue pour la Grande Expérience Participative. À l’aide d’un éclairage haut de gamme et d’un fond vert, elle a pu prendre différentes photos et tester l’algorithme de correction des couleurs grâce à la mire. Les mêmes photos ont ensuite été prises avec un smartphone pour voir si la résolution de l’appareil à un impact sur la détection et la correction des couleurs. Notre chercheuse en écologie a pour cette expérience utilisé une mire imprimée avec une photocopieuse de bureau. La qualité de cette mire imprimée « maison » est quelque peu inférieure à celle d’une mire du commerce, mais cela ne devrait pas impacter l’expérience.

Les résultats nous indiquent deux choses. Dans de bonnes conditions, l’algorithme fait bien son travail et arrive à rééquilibrer les couleurs quel que soit l’appareil utilisé pour prendre la photo. Malheureusement, l’éclairage par le haut produit deux effets néfastes qui empêchent le logiciel de rééquilibrer les couleurs correctement : la lumière surplombante produit de plus grandes ombres sur le nounours, ce qui perturbe l’algorithme ; l’orientation de la lumière créée un gradient sur le fond du studio photo. Sur un fond vert, le haut devient progressivement vert clair et le bas vert foncé. Pas de panique cependant ! Une source lumineuse de face, à côté de l’appareil prenant la photo, résout facilement le problème.

Anne-Sophie est ensuite retournée à la « salle couleur » du bâtiment 2 à l’Université de Montpellier. L’objectif : tester la puissance de l’algorithme de rééquilibrage des couleurs en utilisant différents éclairages à l’aide d’une cabine à lumière. Trois « illuminants » (un terme technique signifiant une source de lumière) ont été utilisés. L'illuminant D65 représente la lumière naturelle du jour lorsque le ciel est bleu (Photo A), le A représente une ampoule à filament domestique (Photo B), et le F11 représente une lampe fluorescente (Photo C).
Si l’on met de côté les perturbations causées par l’éclairage vertical (et l’on a vu précédemment que l’algorithme n’aimait pas ça), ce dernier arrive à corriger les couleurs quel que soit l’éclairage ambiant ! Anne-Sophie a réussi à nous montrer toute l’efficacité du protocole mis au point. La lumière et l’appareil utilisé n’empêchent pas le logiciel de rééquilibrer les couleurs et de calculer la couleur globale de la peluche du nounours. Il nous reste maintenant à trouver un moyen d’imprimer des mires de bonne qualité les plus similaires possibles. À suivre.

Photo du haut : Caisson simulant différentes lumières. Photo d'Anne-Sophie Tribot.
Photos du bas : Le même nounours pris sous trois source de lumière différente. A : lumière naturelle du jour lorsque le ciel est bleu, B : ampoule à filament domestique C : une lampe fluorescente. Photo d'Anne-Sophie Tribot.


Christopher Sevin, Université de Montpellier

(4) Les nounours en ligne de mire : partie 2

L’étude de la réconfortabilité des ours en peluche, objectif phare de la Grande Expérience Participative 2019, se fait par l’observation d’une foule de critères physiques. L’un des critères qui sera observé chez les nounours de l’expérience est la couleur du pelage. Nous pourrions observer chaque peluche et indiquer si elle est blanche, noir ou marron. Cependant, il existe une technique plus automatisée pour déterminer avec plus de précision la couleur des ours en peluche. Cette méthode nécessite un logiciel approprié, ainsi qu’un objet servant de référence colorimétrique : une mire. Il s’agit d’une petite plaque recouverte de carrés de couleurs bien spécifiques. Mais à quoi sert-elle exactement ? Cet article en deux parties nous apporte des réponses...
image Si l’équipe de la Grande Expérience Participative (GEP) décide d'imprimer elle-même les mires, les couleurs de chaque mire seront-elles identiques entre elles ? Pour le savoir, Anne-Sophie Tribot, notre chercheuse en écologie, s’est rendue le 14 mai dernier à la « salle couleur » du bâtiment 2 de l’Université de Montpellier. Avec l’aide du biophysicien Frédéric Geniet, elle a cherché à savoir s’il y avait des différences significatives entre les mêmes couleurs de plusieurs mires imprimées à partir d’un même fichier sur une même imprimante.
Après un passage au spectrocolorimètre (une machine qui analyse la lumière et les couleurs), il s’avère que les mires ne sont pas exactement identiques ! Cette différence s’explique par l’utilisation d’une imprimante de bureau. Une solution proposée par Anne-Sophie est d’imprimer les mires par un professionnel du tirage papier pour limiter au maximum les différences. Nous espérons que cette alternative portera ses fruits et que toutes les mires obtenues seront de la meilleure qualité possible pour que l’expérience se déroule sans accro. A suivre.

Photo du haut : Les explications magistrales de Frédéric Geniet pour comprendre ce qu’est une couleur et comment la mesurer. On comprend très vite que la couleur, ce n’est pas juste de la couleur. Photo de Anne-Sophie Tribot.
Photo du bas : Les couleurs de deux mires (à gauche) sont testées avec un spectrocolorimètre. Photo de Anne-Sophie Tribot.


Christopher Sevin, Université de Montpellier

(4) Les nounours en ligne de mire : partie 1

L’étude de la réconfortabilité des ours en peluche, objectif phare de la Grande Expérience Participative (GEP) 2019, se fait par l’observation d’une foule de critères physiques. L’un des critères qui sera observé chez les nounours de l’expérience est la couleur du pelage. Nous pourrions observer chaque peluche et indiquer si elle est blanche, noir ou marron. Cependant, il existe une technique plus automatisée pour déterminer avec plus de précision la couleur des ours en peluche. Cette méthode nécessite un logiciel approprié, ainsi qu’un objet servant de référence colorimétrique : une mire. Il s’agit d’une petite plaque recouverte de carrés de couleurs bien spécifiques. Mais à quoi sert-elle exactement ? Cet article en deux parties nous apporte des réponses...
image Faisons une expérience relativement simple. Prenez en photo un objet dans la même position et au même endroit, à plusieurs moments de la journée. Avec les changements de luminosité ambiante en fonction de l’heure, sa couleur va changer. Pour corriger ce changement de luminosité et avoir des photos à la même luminosité, on utilise une mire. Un logiciel reconnait la mire sur les photos et connait les couleurs exactes présentes sur la mire. Si le carré blanc est gris sur la photo, c’est que celle-ci est trop sombre. Le logiciel va alors corriger la photo en l’éclaircissant. A l’inverse, s’il y a trop de lumière et que le carré noir devient gris, le logiciel va foncer la photo.

Dans le cadre de notre expérience, les 12 villes de France qui participeront à la Grande Expérience Participative (GEP) auront une mire qui sera déposée à côté des nounours lors de la prise de la photo. Les mires coûtant relativement cher, nous avons décidé de les imprimer nous-même. Mais l’impression de mires « Do it yourself » nous permettra-t-elle d’avoir des mires d’aussi bonne qualité ? Les « rouges » de chaque mire seront-ils de la même couleurs et identiques au « rouge » de référence ? La suite dans la "partie 2" !

Photo : un exemple du type de photo qui sera prise lors de la GEP. L'ours en peluche est déposé sur un fond unis (ici vert) avec une mire à sa droite. Celle-ci servira à rééquilibrer les couleurs en fonction de la luminosité de la pièce.

Christopher Sevin, Université de Montpellier

(3) - 13 mai 2019 - La genèse du site web

Le lundi 13 mai 2019, Anne-Sophie Tribot, Moad Essabbar, Thierry Brassac et Christopher Sevin se sont réunis au Service Culture Scientifique de l’Université de Montpellier pour continuer le travaille sur le protocole de la Grande Expérience Participative.
image Pour que l’analyse ne soit pas longue et fastidieuse pour les personnes qui participeront à la Grande Expérience Participative (GEP) le soir de la Nuit des Chercheur·e·s, le nombre de critères morphologique à observer sur les ours en peluche a été limité à 20. Certains critères, comme l’écartement des yeux, ont été soustraits de la liste, car ils ne sont pas porteurs d’assez d’informations. A l’inverse, d’autres comme la présence de mécanismes internes ont été validés.

La liste des critères morphologiques validés par l’équipe à l’heure actuelle est la suivante : taille (tête+corps), masse de la peluche, couleur (mesurée grâce à un protocole dont nous parlerons prochainement), posture du nounours, accessoires vestimentaires, mécanismes internes (lumières, appareils sonores, etc.), circonférence maximum de la peluche (sa « rondeur »), rapport longueur du museau/longueur du crâne pour mesurer l’écrasement de la face, « moelleusité » de la peluche, douceur du poil, longueur du poil, matière de la peluche, présence d’un sourire, diamètre des oreilles, diamètre des yeux. La liste n’est pas figée et bénéficiera d’une dernière approbation par l’ensemble de l’équipe ultérieurement.

La deuxième partie de la réunion, plus technique, concernait la programmation des informations de la banque de données recueillies lors de la GEP. Une fois collectées, ces données seront traitées par un algorithme qui classera les ours en fonction de leur ressemblance. Bien que la saisie des données se fasse sur un site web capable également de générer des résultats graphiques, les calculs eux, seront probablement effectués par une interface spécifique. C’est Moad Essabbar, doctorant en informatique présent dans l’équipe de la GEP, qui se charge d’une grande partie de la programmation. Il est aidé dans sa tâche par la docteure en biologie et écologie Anne-Sophie Tribot. Pour pouvoir construire cette base de données, les personnes qui participeront à l'expérience devront remplir une liste d’informations sur le site internet dédié à cet effet (en cours de construction). Pour notre équipe, il s’est avéré clair que l’interface devait être facile d’utilisation et épurée.

Le questionnaire sera en deux parties. La première permet d’acquérir des données sur la morphologie des ours en peluche. La deuxième partie, qui nécessite la présence de lots "témoins" d'ours en peluche, sera axée sur la dimension affective participant-peluche. Cette partie sera optionnelle. Les questions permettant de juger la réconfortabilité des nounours sont :
• Mon ours est-il agréable à regarder dans son ensemble ?
• Le visage de mon ours est-il agréable à regarder ?
• Mon ours est-il agréable à toucher ?
• Mon ours est-il agréable à manipuler ?
• Mon ours est-il agréable à sentir ?

La prochaine mission de l'équipe GEP est de réussir à quantifier la douceur et la « moelleusité » d'un ours en peluche. Anne-Sophie quant à elle, tentera de réaliser un protocole simple pour le studio photo afin faciliter l’extraction des informations. À suivre...

Christopher Sevin, Université de Montpellier

(2) - 23 avril 2019 - Expédition aux magasins de jouets

Suivez la mise en place du protocole de l’expérience de la Grande Expérience Participative 2019 !
Au mois d'avril dernier, une chercheuse et un médiateur scientifique ont fait une expédition dans des magasins de jouets...
image Pour pouvoir comparer les différents ours en peluches et définir leur degré de réconfortabilité, l’équipe de la Grande Expérience Participative (GEP) doit élaborer un protocole basé sur l’observation de critères morphologiques. Le 23 avril 2019, deux membres de l'équipe, Anne-Sophie Tribot, biologiste, et Christopher Sevin, étudiant en médiation scientifique, se sont rendus au centre commercial Odysseum à l’est de Montpellier pour observer la diversité des nounours et affiner le choix des critères observables dans notre future analyse. Sur place, ils ont remarqué chez certains ours en peluche la présence de coussinets rapprochant la peluche, de l’animal en chair et en os. La truffe, lorsqu’elle est présente, peut-être de diverses couleurs, tailles et matériaux. Une prochaine réunion déterminera si ces critères sont pertinents. Si c’est le cas, ils seront ajoutés à la liste des critères observables de l’étude. Chez les ours en peluche aux yeux cousus (l’inverse des yeux en billes), ils ont observé parfois des taches blanches dans l’œil, simulant l’éclat d’un véritable regard et donnant à la peluche un visage plus expressif. La présence de paillettes, indifféremment de leur quantité, couleurs ou localité sur la peluche, a également été rajouté à la liste des caractères.
Après avoir discuté avec le personnel du magasin, Anne-Sophie et Christopher ont découvert que l’ours en peluche qui se vend le mieux est le panda, et qu’une peluche coûtant plus de 10 euros était considérée comme chère. Ils ont également observé qu’une partie des ours en peluche destinés à la vente représente des ours connus, comme Baloo du Livre de la jungle ou encore Winni l’ourson de l’histoire éponyme. Ils ont alors décidé de rajouter le critère « célébrité » à la liste pour voir si les ours célèbres sont considérés comme plus réconfortants.
Petit à petit, le protocole prend forme. Le contact avec les vendeurs a aussi permis à Anne-Sophie et Christopher de mieux cerner la relation entre l'ours en peluche et l’acheteur. Suite à cette expédition, la réunion de l'équipe GEP du 13 mai 2019, a eu pour objectif de dresser la liste quasi-définitive des caractères morphologiques des ours en peluche. À suivre dans l'article suivant…

Photo de gauche : Sur ce nounours, on observe une tache blanche sur l’œil simulant un œil vif. Photo de Christopher Sevin.
Photo de droite : Mosaïque de morphologies, mosaïque de nounours ! Photos de Christopher Sevin.

Christopher Sevin, Université de Montpellier

(1) 8 avril 2019 - La réunion inaugurale du projet

Que l’on soit un petit ou grand enfant, on a probablement tous une histoire en commun avec un ours en peluche. Tout neuf ou complètement usé, blanc ou marron, mignon ou… un peu moins mignon, votre nounours a sans doute été votre fidèle compagnon pendant des années. Pour vous consoler, jouer avec vous ou tout simplement pour ne pas se sentir seul, l’ours en peluche est là. Serait-il finalement le meilleur ami de l’Homme ?
image L’ours en peluche possède une diversité de formes et de fonctions depuis sa création en Allemagne en 1902. Pour remplir sa mission de toujours plus nous cajoler et nous réconforter, nous avons au fil du temps équipé le nounours de divers apparats : couleurs vives, paillettes par milliers, habits insolites et même mécanismes sonores. Parmi cet éventail d’ours en peluche à travers le monde, quel nounours remplit au mieux sa mission et mérite le titre d’ours le plus réconfortant ?

Un groupe de scientifiques s’est réuni le 8 avril 2019 pour se pencher sur la question. L'équipe de la Grande Expérience Participative (GEP) 2019 est constituée de quatre biologistes (Nicolas Mouquet, Michel Raymond, François Guilhaumon et Anne-Sophie Tribot), une psychologue de l’enfance (Nathalie Blanc), un doctorant en informatique (Moad Essabbar) et deux médiateurs scientifiques (Thierry Brassac et Christopher Sevin). Le principal défi de cette entreprise est de réaliser un protocole simple et applicable à des ours en peluche. Pour cette aventure, Nicolas, François et Moad est en charge de la programmation informatique du site internet et du traitement des données. Anne-Sophie, qui chaperonne le développement du protocole, est aussi chargée d’aller sur le terrain pour observer les différents critères morphologiques des nounours. Nathalie quant à elle analyse la réconfortabilité du point de vue de la psychologie infantile. L’équipe est aidée et coordonnée par les deux médiateurs scientifiques Thierry Brassac et Christopher Sevin.
Toute étude commence par des observations. Dans le cas des ours en peluche, le jeu de données utilisé sera constitué d’observations faites sur, nous l’espérons, les centaines de nounours que vous apporterez durant la Nuit Européenne des Chercheur·e·s !

Dans un premier temps, la morphologie de l’ours en peluche sera quantifiée en une série de caractères « anatomiques » relativement simples. De tous ceux proposés, certains ont fait unanimité au sein de l’équipe de recherche : la taille du corps par exemple, mais aussi la couleur du pelage, la présence d’habits, la douceur et la « moelleusité ». De prochaines expéditions dans les magasins de jouets permettront d’agrandir cette liste de critères observables.
Si certains critères morphologiques semblent simples à mesurer comme la longueur des membres avec un simple pied à coulisse, d’autres critères comme la « moelleusité » seront plus difficilement mesurables. Des pistes pour mesurer la "moelleusité" ont été évoquées, comme l’utilisation d’un dynamomètre pour mesurer la pression exercée sur le corps du nounours. Cependant, une phase de tests est nécessaire pour voir si cette manipulation est pertinente.

L’aspect affectif de l’ours en peluche sera également abordé. Les participant·e·s compareront la réconfortabilité de leur ours à d’autres ours en peluche grâce à un lot témoin. Le même lot de peluches sera envoyé dans les 12 villes de France qui participent à la GEP pour permettre aux chercheur·e·s de l’équipe de réaliser un jeu de données à l’échelle nationale, basé sur les mêmes nounours de références.
En ce mois d'avril 2019, le protocole est en cours d’élaboration, mais l’équipe du projet a déjà réussi son premier pari : poser les fondations du protocole expérimental. À suivre : les réflexions et l'élaboration du protocole continuent…

Photo : L'équipe de la GEP en pleine réflexion durant la réunion inaugurale du projet. De gauche à droite : Agnes Pesenti, Thierry Brassac, Nathalie Blanc, François Guilhaumon, Nicolas Mouquet, Moad Essabar et Anne-Sophie Tribot.

Christopher Sevin, Université de Montpellier

Objectif de la GEP 2019 : Déterminer le pouvoir réconfortant du nounours.

L’ours en peluche, objet de réconfort historique, peut être considéré comme le roi des peluches.
image Parmi la grande diversité d’ours en peluche existants, certains sont plus réconfortants que d’autres. Par cette grande expérience, l'équipe de recherche de Montpellier souhaite déterminer, grâce à la participation du public, quels sont les traits morphologiques (taille des yeux, longueur du poil, …) qui conduisent à ce résultat.
L’analyse morphologique des peluches sera couplée à une analyse du rapport émotionnel et subjectif à l’objet peluche (note esthétique, indice de réconfortabilité).
Les approches des sciences naturalistes et des sciences humaines croisées pourront apporter des réponses à la question : “Quels sont les caractères qui rendent un ours en peluche réconfortant ?”. Un arbre de classification des ours en peluche analysés dans 12 villes françaises permettra de déterminer de manière précise quelles sont les grandes “familles” qui composent le groupe des ours en peluche.

Les résultats de l'expérience apporteront des éclairages sur l’étude scientifique d’un objet affectif sur deux axes (morphologique et émotionnel), permettant de classer des spécimens en fonction de leur capacité à déclencher des émotions chez l’enfant et l’adulte. Les techniques de statistique utilisées pour ces investigations sont celles utilisées dans le domaine de l'étude du vivant (esthétique des écosystèmes coralliens par exemple) ou de la psychologie cognitive (évaluation de l’attractivité des visages sous différentes conditions expérimentales, des émotions des enfants suite à divers stimuli, etc.)
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